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Pourquoi certains contrats d’infogérance échouent (et comment les éviter)

Sur le papier, un contrat d’infogérance est censé sécuriser le système d’information, fluidifier l’exploitation et libérer les équipes internes. Sur le terrain, la réalité est souvent plus nuancée. Beaucoup de PME découvrent, parfois tardivement, que leur contrat d’infogérance ne produit pas les résultats attendus, voire devient une source de tensions, de surcoûts et de risques.

Ces échecs ne sont ni rares ni accidentels. Ils révèlent des erreurs structurelles dans la manière dont l’infogérance est pensée, contractualisée et pilotée.

L’échec silencieux de nombreux contrats d’infogérance

Contrairement à une panne visible ou à une cyberattaque, l’échec d’un contrat d’infogérance est souvent progressif. Les indicateurs sont là, mais peu interprétés : délais qui s’allongent, incidents récurrents, sentiment de dépendance excessive, incompréhensions entre les équipes et le prestataire.

Dans de nombreux cas, le contrat est toujours “respecté” juridiquement, mais il ne répond plus aux besoins réels de l’entreprise. C’est précisément ce décalage qui crée la frustration.

Les causes réelles d’échec des contrats d’infogérance

Des contrats conçus comme des documents juridiques, pas comme des outils opérationnels

Beaucoup de contrats d’infogérance sont rédigés pour se protéger juridiquement plutôt que pour servir l’exploitation quotidienne. Ils accumulent des pages de clauses, mais laissent flous des éléments essentiels : priorisation des incidents, responsabilités réelles, modalités d’arbitrage.

Résultat : lorsque survient un problème critique, chacun se réfugie derrière le contrat au lieu de résoudre la situation.

Une mauvaise définition du périmètre d’infogérance

L’un des échecs les plus fréquents vient d’un périmètre mal cadré. Certaines briques sont incluses sans être réellement maîtrisées, d’autres sont supposées couvertes alors qu’elles ne le sont pas contractuellement.

Avec le temps, le système d’information évolue, mais le contrat reste figé, créant des zones grises dangereuses.

Des engagements irréalistes ou mal compris

Des SLA trop ambitieux, mal expliqués ou déconnectés de la réalité technique finissent par devenir contre-productifs. Le client pense être ultra-protégé, le prestataire sait qu’il ne pourra pas tenir sans arbitrages.

Ce décalage nourrit une perte de confiance progressive.

Une gouvernance absente ou mal organisée

Un contrat d’infogérance sans gouvernance claire est voué à s’éroder. Sans comités de pilotage réguliers, sans indicateurs partagés, l’infogérance devient réactive, voire subie.

L’absence de pilotage empêche toute anticipation.

Le facteur humain largement sous-estimé

Les contrats parlent d’outils, de serveurs, de tickets. Ils parlent rarement des personnes. Pourtant, la qualité de la relation humaine, la stabilité des interlocuteurs et la capacité à comprendre le métier du client sont déterminantes.

Retours d’expérience terrain : quand l’infogérance devient un risque

Cas n°1 : un contrat “complet” mais inexploitable

Une PME industrielle disposait d’un contrat d’infogérance très détaillé. En pratique, chaque demande faisait l’objet d’un débat contractuel. Le temps de résolution explosait, les équipes internes perdaient confiance et contournaient le prestataire.

Le problème n’était pas technique, mais organisationnel.

Cas n°2 : un prestataire techniquement bon mais stratégiquement absent

Autre situation fréquente : un prestataire compétent sur le plan technique, mais incapable de prendre du recul. Aucun conseil, aucune vision long terme, uniquement de l’exécution.

L’infogérance devenait alors un simple service de dépannage.

Pourquoi certains prestataires d’infogérance aggravent la situation

Une approche trop standardisée

Les offres packagées rassurent, mais elles masquent souvent une absence d’adaptation. Or, aucune PME n’a un SI strictement identique à une autre.

Une infogérance pensée comme un centre de coûts

Lorsque l’infogérance est réduite à une ligne budgétaire à comprimer, elle perd sa valeur stratégique. Le prestataire est alors incité à minimiser l’effort plutôt qu’à maximiser la qualité.

Comment éviter l’échec d’un contrat d’infogérance

Repenser le contrat comme un cadre évolutif

Un bon contrat d’infogérance doit prévoir son propre ajustement. Il doit évoluer avec l’entreprise, ses usages, ses risques et ses priorités.

Aligner infogérance, enjeux métiers et réalité terrain

L’infogérance efficace commence par la compréhension du métier. Sans cela, les décisions techniques manquent de sens.

Instaurer une relation de pilotage continu

Comités réguliers, indicateurs compréhensibles, échanges transparents : c’est la seule manière de transformer un contrat en partenariat.

Vers une infogérance plus mature et plus responsable

Les entreprises les plus satisfaites de leur infogérance sont celles qui ont accepté une vérité simple : un contrat ne remplace ni le dialogue, ni l’intelligence humaine, ni l’expérience terrain.

Conclusion : un contrat d’infogérance ne doit jamais être figé

Un contrat d’infogérance PME réussi n’est pas celui qui promet tout, mais celui qui s’adapte, évolue et s’inscrit dans une relation de confiance durable. L’éviter, c’est accepter de sortir d’une vision purement contractuelle pour entrer dans une logique de pilotage et de co-responsabilité.

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